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  • A Tribe Called Transport

Trainspotting avec les étudiants de la société "un mètre et demi"

Te rappelles-tu ton dernier déplacement avant la COVID-19 ? En 2020, nous avons dû adapter notre comportement pour les déplacements. De nouvelles solutions de transport ont soudainement été mises à l’honneur, tandis que d’autres ont été évitées. Comment était-ce avant la pandémie ? Fin 2020, A Tribe Called Transport – la communauté de jeunes de Taxistop – a réalisé une enquête auprès d’étudiants de 18 à 25 ans. Nous leur avons demandé quelle est leur vision d’un système de transport efficace et comment les nouvelles technologies peuvent avoir un impact sur leur vision. 326 étudiants ont participé à la recherche.



“Oh, take a carwash, hippie.” Cars

© Baryon

Nous n’avons pas pu résister et avons posé des questions sur l’impact de notre pote Covid-19 sur le comportement de déplacement des étudiants.

49,1% ont répondu que le coronavirus n’a pas eu d’impact sur leur vision de la mobilité. Pourtant, quand on regarde le niveau de confiance dans les différents modes de transport, on voit que le vélo (74,2%) et la voiture (en tant que conducteur, 53,7%) sont les moyens de transport qui inspirent le plus confiance depuis la pandémie. Ces chiffres sont suivis par la voiture (en tant que passager, 49,4%) et les transports en commun (35,3%). Les chiffres montrent aussi que les étudiants interrogés n’ont pas d’opinion tranchée sur la mobilité partagée et la micro mobilité (e-scooters).



"Oh darn! All this horsepower and no room to gallop!" - Bruce Almighty

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En termes de seuils et de frustrations, “les retards” et “le temps perdu” ont récolté le plus de votes. Ces frustrations apparaissent la plupart du temps pendant les trajets vers l’école ou pendant les temps libres. Pendant ces trajets, souvent les étudiants ne se sentent pas en sécurité en tant que cycliste. Quand on les interroge sur les trajets pour lesquelles ils ont besoin de solutions, voici ceux qui récoltent le plus de votes :

  • Trajets du domicile parental à la classe (44,5%)

  • Trajets du domicile parental au logement étudiant (40,2%)

  • Trajets pendant le temps libre (27%)

“ Le prix élevé des bus et des trains, qui sont souvent 30 minutes ou une heure en retard, ne motive pas à utiliser ces modes de transport chaque jour. Donc, à cause de ça, je sèche souvent les cours.” – Étudiant
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Bien sûr, tout ne doit pas toujours être négatif. Malgré les frustrations, les étudiants se sentent en meilleure santé lorsqu’ils voyagent sans voiture (58,6%). De plus, ils trouvent le vélo (50,6%) et la marche (42%) relaxants. Et même si un déplacement est souvent vu comme une perte de temps, les étudiants trouvent que le temps de trajet peut être utilisé pour lire un livre ou pour préparer un cours/examen (46%).



“I don't care if it's a car, I don't care if it's a Goddamn Batmobile. I don't want to drive with him.” - Haggard: The Movie

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32,5% trouvent que les transports en commun sont moins chers que la voiture.

Si nous regardons la volonté de posséder une voiture, nous voyons que 72,1% des étudiants ne pensent pas qu’il est important de posséder une voiture, tandis que 70,6% pensent qu’il est important d’avoir un abonnement aux transports en commun.





"I'm just here for the gasoline." - Mad Max 2: The Road Warrior


Soyons clair : les étudiants n’ont pas d’argent. Pourtant, nous avons osé leur demander pour quelles solutions ils seraient prêts à payer plus pour se débarrasser de leurs frustrations liées aux transports. Les résultats nous montrent que les solutions envisagées sont le plus souvent en lien avec les transports en commun. Les étudiants veulent de meilleures connexions de trains et de bus, principalement en dehors des heures de pointe. Ici aussi, nous avons constaté que la mobilité partagée n’est pas envisagée comme une solution.


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En plus, 38,7% des étudiants sont prêts à payer plus pour un abonnement qui donnerait un accès immédiat à plusieurs moyens de transport. Cela nous rappelle le concept de “Mobility as a Service” (MaaS). Cela pose la question de la valeur ajoutée qu’un MaaS peut avoir sur les comportements de déplacement des étudiants. Notre recherche précédente indiquait que 73,2% des jeunes interrogées (18-30 ans) ne connaissaient pas le concept de MaaS. Comment se fait-il que le concept de MaaS ne soit pas encore bien connu des étudiants ? Est-ce à cause de leur relation à la technologie ? Les résultats de notre enquête montrent que 53,4% des étudiants se sentent à l’aise avec les nouvelles technologies, mais cela ne change rien au fait qu’ils ont également des inquiétudes.



Autonomous Vehicles: "We're in a giant car heading towards a brick wall and everyone's arguing over where they're going to sit. " - David Suzuki


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Les véhicules autonomes sont une autre technologie en plein essor dans le monde de la mobilité. Dans notre étude précédente, nous avons vu que les jeunes sont plus à l’aise avec le concept de véhicules autonomes que celui de MaaS.




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Notre enquête montre que 55,5% des étudiants utiliseraient les véhicules autonomes pour de longs trajets. Cette préférence pour les longs trajets est suivie par la préférence pour utiliser un moyen de transport autonome lors des sorties, des loisirs.





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Nous constatons également des préoccupations dans le domaine des véhicules autonomes, mais celles-ci sont moins importantes. 36,5% des étudiants interrogés sont convaincus que les véhicules autonomes apporteront plus de sécurité dans les rues, tandis que 34% indiquent que les préoccupations concernant la 5G et les véhicules autonomes sont exagérées.




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27,3% indiquent également que les erreurs humaines sur la route sont plus dangereuses que les éventuelles erreurs technologiques d’un véhicule autonome.






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Contrairement aux développements en Amérique et en Asie, l’Europe se concentre principalement sur les véhicules autonomes en tant qu’option de transport partagé. L’enquête montre que les véhicules autonomes ne contribueront à réduire les embouteillages que s’ils sont utilisés de façon collective plutôt que privée. Il est d’ailleurs frappant de constater que, dans notre enquête, 24,2% des étudiants sont plutôt en désaccord avec l’affirmation concernant la valeur ajoutée des véhicules autonomes en tant que transport collectif et voient donc davantage la valeur ajoutée de ces véhicules dans le transport privé. C’est un élément important quand on sait que les projets pilotes en Europe concernant les véhicules autonomes mettent l’accent sur une utilisation collective et partagée plutôt que privée.




So what?

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Bien que le coronavirus ait eu un impact sur le comportement de déplacement des étudiants, nous constatons que leur vision sur les transports et les besoins de mobilité sont restés essentiellement les mêmes. Les étudiants ont tendance à avoir moins de possessions privées quand il s’agit des moyens de transport, mais préfèrent les options de transport plus flexibles et plus efficaces. Leur volonté d’accéder à toutes les options de transport via un seul abonnement en est un bon exemple. Il est également évident que la mobilité partagée a encore un long chemin à parcourir avant de devenir une solution de transport récurrente dans la vie des étudiants. Cette préférence pour l’utilisation individuelle des transports vaut aussi pour les véhicules autonomes. En matière de solutions de mobilité, la route ne doit pas toujours être pavée de solutions numériques : plus de bus et de trains circulant en dehors des heures de pointe, de meilleures connexions et un abonnement qui donne accès à toutes les options de transport seraient déjà très utiles.


“Les étudiants veulent une mobilité plus personnalisée et à la demande. Les transports en commun sont et doivent rester l’épine dorsale de notre système de transport. Les résultats montrent que les étudiants sont d’accord avec cette vision, mais il reste encore un long chemin à parcourir. Les transports en commun resteront importants, même après la pandémie. Taxistop soutient l’appel des jeunes pour plus de bus et de trains circulant en dehors des heures de pointe, mais avec la mobilité partagée comme option supplémentaire pour garantir les solutions du premier et du dernier kilomètre. Malheureusement, les résultats montrent que les options de mobilité partagée ne sont pas encore considérées comme solutions potentielles par les étudiants. Taxistop veut donc faire connaître davantage les options de mobilité partagée comme Carpool aux étudiants. Dans un avenir plus lointain, nous envisageons le transport autonome comme une option de transport collectif. Pour cela, la transition d’une utilisation privée à une utilisation collective devrait être plus claire, accessible et plus forte. Mais nous sommes heureux de voir que seuls quelques étudiants considèrent la possession d’une voiture comme un must.” (Angelo Meuleman, Taxistop vzw)